L’ultra courte focale fait définitivement partie du paysage. Cette méthode de projection au plus près de l’écran concurrence à la fois la vidéoprojection classique et les moniteurs de grande taille. Le compromis est très intéressant, pas seulement pour le monde l’éducation où ils se sont déjà imposés. Ce dossier va vous permettre de tout savoir au sujet des vidéoprojecteurs à ultra courte focale.

Une histoire de ratio et d’optique

Les vidéoprojecteurs classiques à technologie LCD ou DLP utilisent un système optique complexe destiné à projeter une image vers un écran. L’emplacement du projecteur varie en fonction des besoins, que ce soit suspendu au plafond pour une grande salle de conférence ou monté plus près de l’écran pour une salle de formation. Le ratio de projection peut être fixe ou ajustable via un zoom, déterminant la distance nécessaire pour afficher une image pour une diagonale donnée. Les optiques à ultracourtes focales gagnent en popularité pour leur capacité à projeter de grandes images à partir d’une distance réduite, offrant ainsi une solution pratique et flexible pour divers scénarios d’utilisation.

Tout se joue sur la question du ratio de projection lié à l’optique. Un ratio de 1:1 signifie que le recul du vidéoprojecteur par rapport à l’écran équivaut à la taille de l’image obtenue. Un projecteur avec optique 1:1 positionné à 2 mètres de l’écran donnera une image de 2 mètres. Si le ratio augmente, on doit reculer le vidéoprojecteur. Un modèle avec ratio de projection de 1:2 placé doit être installé à 4 mètres pour donner une image de 2 mètres. Dans l’autre sens, si l’on réduit le ratio, on peut rapprocher le vidéoprojecteur de l’écran. C’est justement le fonctionnement des vidéoprojecteurs à ultra courte focale. Un modèle avec optique 0.25:1 n’a besoin que de 25 cm de recul pour afficher une image de 1 mètre.

©ViewSonic

Comment fonctionne un vidéoprojecteur à focale ultra courte ?

Cette famille de vidéoprojecteur n’a en réalité rien de vraiment très spécial par rapport à des modèles classiques. Le fonctionnement de base reste le même. Une image est affichée par une puce DLP ou un mini écran LCD traversé par une lumière de forte puissance. Cette source lumineuse peut être une lampe ou un laser, bien que le laser se soit totalement imposé dans le monde de la vidéoprojection à ultra courte focale. Ensuite, l’image projetée par la lumière traverse le chemin optique constitué de lentilles.

Ce qui différencie le projecteur UST d’un modèle classique, c’est son optique finale par laquelle sort l’image. Comme dans la photographie, il suffit d’utiliser un objectif grand angle pour voir le plus large possible sans avoir besoin de reculer encore plus. C’est la technique la plus utilisée au sein des vidéoprojecteurs professionnels capable de générer des images très lumineuses. Pour des machines moins puissantes ou plus compactes, un système de miroir en rétro-projection accompagne l’optique à ultra courte focale. C’est-à-dire que l’optique installée à l’intérieur du vidéoprojecteur, et donc invisible, va projeter vers l’arrière de l’appareil, contre un miroir qui va renvoyer l’image vers l’avant. On augmente mécaniquement la taille de l’image sans augmenter le recul.

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Les vidéoprojecteurs UST ont besoin d’un écran comme les autres, sauf dans le cas du projection mapping évidemment. Mais dans une salle de classe ou de réunion, l’écran est obligatoire. Il existe par ailleurs des écrans techniques capables de prendre en compte le fait que la lumière arrive de très proche avec un angle important depuis le haut ou le bas. Ce type d’écran pour projecteurs UST comporte des rainures orientées, invisibles à l’œil nu, qui maximisent la lumière reçue du projecteur tout en rejetant la lumière ambiante venant inonder l’écran depuis un angle différent.

Quand doit-on utiliser un vidéoprojecteur à ultra courte focale ?

Un modèle à ultra courte focale ne vient pas forcément en concurrence avec un vidéoprojecteur à l’optique plus classique. C’est en réalité les besoins qui vont dicter le choix. Dans certains cas, le modèle à focale ultra courte sera adapté, dans d’autres pas. Cependant, la qualité et la puissance des modèles actuels les rendent de plus en plus polyvalents. Quand il y a quelques années on choisissait forcément un appareil de fond de salle, aujourd’hui un vidéoprojecteur UST peut répondre aux exigences dans des conditions identiques en apportant quelques avantages.

Typiquement, ce type de vidéoprojecteur s’adresse au monde de l’éducation. Installé au-dessus d’un tableau blanc, il permet de réaliser une installation simple dans des tailles d’image classiques : de 80 à 120″ environ. Il présente un avantage indéniable fort utile dans l’enseignement : il supprime tout problème d’ombre. C’est-à-dire que personne ne peut passer entre le projecteur et la surface de projection. Contrairement à un appareil installé au plafond ou posé sur une une table. C’est appréciable quand la vidéoprojection sert ici de tableau blanc interactif, avec un enseignant et des élèves venant participer au tableau qui sont donc amenés à se déplacer. Le résultat est très proche d’un écran tactile interactif.

Cet avantage peut se mettre en pratique dans différents autres types d’environnements. Le corporate qui utilise de la projection en salle de réunion a également tout intérêt à éviter les ombres en optant pour le vidéoprojecteur UST. Dans le cadre de la muséographie et de l’événementiel, c’est là encore un avantage : tous les visiteurs profitent d’une image devant laquelle personne ne viendra passer. L’avantage lié concerne la sécurité. Lorsque l’objectif du vidéoprojecteur est à quelques centimètres du mur, personne ne peut regarder par inadvertance, ou volontairement, droit vers l’objectif. Ce qui est une action préjudiciable pour les yeux.

Les concurrents de la projection à ultra courte focale

Aujourd’hui, grâce aux sources lumineuses laser, les vidéoprojecteurs UST sont capables de délivrer des images aussi puissantes que leurs concurrents à focale classique. Ils viennent donc marcher sur leurs plates-bandes. Cependant, il existe des cas où le vidéoprojecteur UST ne peut être retenu. Dans certains lieux, on ne veut pas que le projecteur soit visible. Installé au-dessus de l’écran, il devient compliqué de le faire disparaître. De plus, il reste facilement accessible et manipulable, contrairement à un vidéoprojecteur fixé au bout d’une potence à 3 mètres du sol qui assure automatiquement sa sécurisation.

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Mais les concurrents les plus féroces des vidéoprojecteurs à ultra courte focale sont les moniteurs de grande taille. Leurs tarifs baissent autant que leurs diagonales augmentent. En outre, ils sont autonomes et tout-en-un, quand un vidéoprojecteur a forcément besoin d’un écran de projection en plus. Pourtant, il y a un point qui fait la différence : la facilité d’installation. Un vidéoprojecteur UST a besoin d’un support de type potence ou peut se poser sur un meuble bas. Tandis que le moniteur de 86, 98 ou 105″ pèse plusieurs dizaines de kilos et nécessite l’intervention de 2 à 3 personnes pour sa mise en place. Problématique à laquelle il faut ajouter le support mural suffisamment sécurisé à installer sur une cloison qui ne peut être constitué de simples plaques de plâtre.

Avantages et inconvénients de l’ultra courte focale

On notera toutefois que l’installation d’un vidéoprojecteur UST n’est pas si simple. Tout d’abord, il doit être placé au millimètre près en termes de recul pour obtenir la taille d’image souhaitée. Le moindre défaut d’alignement ou de parallélisme sera immédiatement visible. Ces projecteurs sont donc équipés de système de correction pour obtenir une image sans déformation, ce qui est un véritable challenge pour ce type d’appareil. En effet, il était difficile sur les premiers modèles d’obtenir une image aussi bien alignée en haut qu’en bas, ou vice-versa. Mais tout cela est maintenant de l’histoire ancienne, avec parfois des réglages automatiques obtenus grâce à un capteur d’inclinaison intégré.

Enfin, les vidéoprojecteurs à focale ultra courte sont bien plus abordables que des moniteurs de grande taille. Ces projecteurs peuvent même créer des images bien plus grande, avec un encombrement toujours minimal. Ils sont évidement disponibles en définition 4K. De plus, leur source laser leur offre généralement une durée de vie de 20 à 30.000 heures, sans dégradation et sans maintenance.

Quelques exemples de solutions à ultra courte focale

EIKI

Compact et léger, le EIKI EK-360UST utilise le système de la rétro-projection. Avec un ratio de 0.238:1, il s’installe au plus près du mur.

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Christie

Parmi ses différentes optiques, Christie propose le modèle fixe UST ILS1 en 0.37:1. Orienté à 90°, il facilite l’installation du vidéoprojecteur de la gamme GS qui peut l’accueillir.

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Fujifilm

Le FP-Z8000 est le vidéoprojecteur star à focale ultra courte de Fujifilm. Son objectif pivote à 360° pour que la machine puisse prendre place dans n’importe quelle situation.

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Vivitek

Avec le DU775Z-UST, Vivitek a conçu un modèle à la fois puissant et silencieux. Il est idéal aussi bien pour l’événementiel que pour l’éducation grâce à sa caméra optionnelle pour un mode tableau blanc interactif.

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Vivitek DU775Z-UST : une nouvelle optique qui réduit la distorsion

Une réponse à Les vidéoprojecteurs à ultra courte focale

  1. […] le monde des vidéoprojecteurs à ultra courte focale, il existe différents types de produits. Bien qu’ils soient prévus pour un usage […]


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